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Les permis de travail du Programme de travailleurs étrangers temporaires ont-ils dépassé les objectifs, comme l’affirme Poilievre ?

Permis de Travail Temporaires : Démêler le Vrai du Faux

Récemment, Pierre Poilievre a émis des doutes quant à l’émission par le gouvernement fédéral de permis de travail, dépassant les objectifs prévus pour 2025. Ses affirmations, bien que percutantes, sont basées sur des données déjà contestées.

Dans un communiqué de presse, le Parti conservateur indique que le gouvernement de Mark Carney a délivré 105 000 nouveaux permis de travailleurs étrangers temporaires dans les six premiers mois de 2025, malgré un objectif prétendu de 82 000 permis. D’après eux, cela prouve que les libéraux sont en train de battre des records dans la délivrance de tels permis.

Cependant, les 82 000 permis mentionnés ne représentent pas une limite stricte, mais un objectif défini par le Plan Annuelle des Niveaux d’Immigration du gouvernement. Cette cible est conçue pour contenir l’augmentation de la population temporaire résidante du Canada.

Les 105 000 permis délivrés, selon les données du gouvernement, incluent tous les types de permis, y compris des prolongations ou des renouvellements pour des travailleurs déjà présents sur le territoire canadien. Effectivement, seulement 33 722 de ces permis étaient destinés à de nouveaux travailleurs arrivant au Canada, ce qui ne représente qu’environ 41 % de l’objectif de 82 000 pour 2025.

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Une Baisse des Arrivées de Résidents Temporaires en 2025

Des modifications aux programmes d’immigration inaugurées en janvier 2024 semblent portées leurs fruits, en entraînant une diminution des arrivées de résidents temporaires. Une étude récente a montré que les nouvelles arrivées de travailleurs avaient chuté de 50 % au cours de l’année 2025.

Comparé à l’année précédente, le Canada a enregistré 125 903 travailleurs étrangers en moins entre janvier et juin 2025, d’après les données gouvernementales. En 2024, le gouvernement avait annoncé son intention de réduire la proportion de résidents temporaires à 5 % de la population totale d’ici la fin de 2026.

Pour atteindre cet objectif, plusieurs modifications ont été introduites au TFWP (Programme de Travailleurs Étrangers Temporaires) en 2024 :

  • La validité du LMIA (Évaluation de l’impact sur le marché du travail) a été réduite de 12 mois à 6 mois.
  • Le quota de main-d’œuvre pour les employeurs a été diminué de 30 % à 20 % (avec des exceptions pour certains secteurs prioritaires comme la construction et la santé).
  • Dans le cadre des emplois peu rémunérés, le quota a été réduit de 20 % à 10 %, limitant également la durée d’emploi maximale à un an.
  • Une moratoire a été imposée sur le traitement des demandes de LMIA pour les emplois peu rémunérés dans les zones métropolitaines avec un taux de chômage de 6 % ou plus.
  • Le seuil salarial minimum pour les travailleurs hautement rémunérés a été augmenté de 20 % par rapport au salaire horaire médian provincial ou territorial.
  • Les offres d’emploi doivent désormais être évaluées, rendant impossible l’utilisation d’attestations de comptables professionnels ou d’avocats pour prouver la légitimité d’une entreprise.
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Qu’est-ce que le TFWP

Le Programme de Travailleurs Étrangers Temporaires a été lancé en 1973 pour permettre aux employeurs canadiens de recruter des travailleurs étrangers afin de combler des lacunes sur le marché du travail. Ce programme est géré conjointement par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) et Emploi et Développement social Canada (EDSC).

Les employeurs doivent d’abord demander l’autorisation auprès de l’ESDC pour embaucher un travailleur étranger. L’approbation d’une demande d’LMIA requiert une démonstration que l’embauche d’un travailleur temporaire n’entravera pas le marché du travail local.

Pour qu’une entreprise au Canada s’engage dans ce processus, elle doit :

Identifier le bon filon

Le TFWP comprend plusieurs volets, il est donc crucial de déterminer celui qui est approprié pour l’embauche :

  • Volet Talent Mondial : Pour les employeurs sélectionnés ou pour ceux cherchant à pourvoir des postes hautement qualifiés.
  • Volet Résidence Permanente : Pour embaucher un employé tout en soutenant sa demande de résidence permanente. Les offres d’emploi doivent répondre à certaines exigences.
  • Volet Haute Rémunération : Pour des postes rémunérés à ou au-dessus du salaire médian provincial.
  • Volet Basse Rémunération : Pour des postes rémunérés en dessous du salaire médian, avec un traitement des LMIA actuellement suspendu pour certaines régions.

Assurer la conformité

Les entreprises ayant des antécédents de non-conformité aux règles du TFWP ne peuvent pas soumettre de demande d’LMIA. De plus, elles doivent prouver qu’elles ont fait des efforts véritables pour recruter des Canadiens ou des résidents permanents pour le poste.

Perspectives d’évolution du TFWP

Le Premier ministre Mark Carney a été interrogé sur le TFWP face aux critiques de Pierre Poilievre. Il a reconnu que le gouvernement continue d’évaluer l’efficacité du programme, laissant entrevoir d’éventuelles réformes. Toutefois, Carney a défendu le programme, soulignant que les travailleurs temporaires ne sont pas le principal moteur de l’immigration au Canada.

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FAQ

1. Quelle est la différence entre un permis de travail temporaire et une résidence permanente ?

Un permis de travail temporaire permet à un étranger de travailler au Canada pour une période déterminée, généralement en fonction d’un employeur spécifique. En revanche, la résidence permanente permet à un individu de vivre et de travailler au Canada de façon permanente, avec des droits plus étendus, y compris celui de s’établir dans n’importe quelle province ou territoire.

2. Quelles sont les conséquences pour un employeur qui ne respecte pas les règles du TFWP ?

Les employeurs qui ne respectent pas les règles du TFWP peuvent faire face à des sanctions sévères, y compris des amendes, l’interdiction de soumettre des demandes d’LMIA, et dans certains cas, des poursuites judiciaires. De plus, cela peut porter préjudice à leur réputation et leur capacité à recruter des travailleurs étrangers à l’avenir.

3. Quels types de postes sont éligibles pour le TFWP ?

Le TFWP couvre une vaste gamme de postes, de la main-d’œuvre peu rémunérée à des emplois hautement spécialisés. Les employeurs doivent déterminer le bon volet en fonction du type de poste, de la rémunération et des exigences associées. Les secteurs comme l’agriculture, la construction, et la santé sont parmi les plus courants pour l’embauche de travailleurs étrangers temporaires.