Les ressortissants étrangers qui ont précédemment envisagé d’obtenir leur résidence permanente par le biais du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) aujourd’hui hors d’usage pourraient avoir une meilleure chance de réussir en s’installant ailleurs qu’au Québec.
Depuis la fermeture du PEQ à de nouvelles candidatures le 19 novembre 2025, le gouvernement fédéral canadien manifeste sa volonté d’accroître l’immigration francophone en dehors du Québec. Cela crée de nouvelles opportunités pour ceux qui étaient éligibles à l’ancien programme.
Pour illustrer cette situation, prenons deux cas fictifs :
- Amos, candidat au PEQ dans le cadre de la catégorie des travailleurs ;
- Clara, candidate au PEQ dans le cadre de la catégorie des diplômés.
Amos obtient sa résidence permanente par le biais du système Entrée express
Amos, âgé de 33 ans, est un travailleur étranger vivant actuellement au Québec. Employé en tant que programmeur informatique sur un permis de travail basé sur une Évaluation d’Impact sur le Marché du Travail (EIMT), il a accumulé deux années d’expérience professionnelle dans la province ainsi qu’une année d’expérience à l’international dans son domaine.
Il parle français au niveau NCLC 7 et maîtrise l’anglais à un niveau similaire, bien qu’il n’ait pas encore passé de test de langue en anglais. Grâce à ses compétences linguistiques et son expérience, Amos se présente comme un candidat de choix pour la résidence permanente en dehors du Québec via la Catégorie de l’expérience canadienne (CEC).
Préparation de son dossier pour la CEC
Pour maximiser ses chances, Amos crée un profil dans le système Entrée express, espérant recevoir une invitation à soumettre sa candidature pour la résidence permanente. En tant que candidat, il doit démontrer son intention de vivre en dehors du Québec, une exigence qu’il devra prouver lors de sa demande.
En raison de son admissibilité au PEQ dans la catégorie des travailleurs, il possède déjà la plupart des documents nécessaires pour son dossier de candidature CEC. Cependant, il doit encore :
- Passer un test de langue en anglais pour obtenir des points pour sa maîtrise de la langue ;
- Obtenir une Évaluation des Diplômes Étrangers (EDE) pour faire valoir ses études effectuées hors du Canada.
Amos passe un test de langue approuvé pour l’anglais et obtient un niveau de Compétence Linguistique Canadienne (CLC) de 6 dans toutes les compétences langagières. Comme il a atteint le niveau NCLC 7 en français, il est éligible pour la catégorie francophone d’Entrée express.
Amos fait évaluer son diplôme étranger et obtient des points équivalents à ceux d’un baccalauréat canadien.
Calcul des points du Système de classement global (SCG)
Voici comment se décompose le score d’Amos :
- Âge (33 ans) : 88
- Éducation (Baccalauréat) : 120
- Première langue (Français NCLC 7 × 4) : 68
- Seconde langue (Anglais CLC 6 × 4) : 4
- Expérience professionnelle canadienne (2 ans) : 53
Total des points : 333.
- Points de transfert de formation et de langue : 38
- Points supplémentaires (Français et Anglais CLC 5+) : 50
Score global au SCG : 459.
Bien que ce score soit inférieur aux seuils requis pour la plupart des tirages CEC, Amos, avec son niveau NCLC 7 en français, se qualifie pour les tirages basés sur les catégories francophones, généralement avec des scores plus bas.
Soumission de la demande de résidence permanente
Après avoir reçu son invitation à postuler, Amos dispose de 60 jours pour soumettre sa demande de résidence permanente. Il doit prouver son intention de s’installer en dehors du Québec, ce qui sera examiné avec attention. Pour cela, il peut fournir :
- Une déclaration écrite de son intention ;
- Des preuves de sa recherche d’emploi en dehors du Québec ;
- Des justificatifs de son réseau social ou familial en dehors de la province.
Amos complète sa demande et reçoit sa Confirmation de Résidence Permanente (CRP) dans les six mois qui suivent. Il déménage alors en Colombie-Britannique pour débuter sa nouvelle vie en tant que résident permanent canadien.
Clara obtient sa résidence permanente grâce au Programme d’immigration atlantique (PIA)
Clara, âgée de 24 ans, vit au Québec avec un Permis de travail post-diplôme (PTPD) valide après avoir obtenu son baccalauréat l’année précédente. Elle a acquis une année d’expérience en tant que responsable des ressources humaines, un poste qualifié, et serait éligible au PEQ si celui-ci était encore en vigueur.
Souhaitant obtenir sa résidence permanente dans les deux années restantes de son PTPD, Clara décide de s’installer en Nouvelle-Écosse où vit sa sœur. Cette proximité familiale est un atout pour prouver son intention de résider dans la province.
Exploration des options
Clara se tourne vers le Programme d’immigration atlantique (PIA) pour s’établir en Nouvelle-Écosse. Comme elle n’a pas obtenu son diplôme dans un établissement d’enseignement de la région atlantique, elle se concentre sur la voie des travailleurs qualifiés.
Actions vers l’éligibilité au PIA
Le principal obstacle à son éligibilité est de dénicher une offre d’emploi d’un employeur désigné, condition sine qua non du PIA. Clara postule uniquement auprès des employeurs autorisés et précise sa volonté de bénéficier du PIA.
Après plusieurs entretiens, elle reçoit une offre d’emploi valide d’un employeur en Nouvelle-Écosse, laquelle devient le pilier de son projet d’immigration.
L’élaboration de son plan d’établissement
Le PIA inclut une étape de soutien à l’établissement. Clara collabore avec des services d’établissement pour formuler un plan personnalisée concernant le logement, l’éducation, le soutien communautaire, et les informations sur le marché du travail. Ce plan est ensuite remis à son employeur dans le cadre du paquet de validation nécessaire.
Demande de validation à la province
Avec son offre d’emploi et son plan d’établissement, son employeur soumet une demande de validation auprès des autorités d’immigration de la Nouvelle-Écosse. Seul l’employeur peut faire cette demande de Certificat de Validation, indispensable pour la suite du processus de résidence permanente.
Obtention du certificat de validation
La Nouvelle-Écosse approuve la demande de validation et délivre à Clara son certificat, étape nécessaire avant de pouvoir adresser sa demande de résidence permanente à IRCC.
Soumission de la candidature à IRCC
Une fois validée, Clara envoie sa demande de résidence permanente à IRCC, incluant son certificat de validation et tous les documents requis. IRCC se chargera de l’évaluation de son admissibilité.
Un élément clé de sa demande est de prouver son intention de s’installer en Nouvelle-Écosse, qu’elle justifie par son contrat de travail et la présence de sa sœur dans la province.
Clara prenant en compte les deux années restantes de son PTPD, elle déménage en Nouvelle-Écosse avant la finalisation de sa demande et commence à travailler avec son nouvel employeur. Si son PTPD expire pendant le traitement de sa demande, elle pourra demander un permis de travail AIP qui peut être accordé pour une durée maximale de deux ans.
Installation en Nouvelle-Écosse et obtention de la résidence permanente
La demande de Clara au titre du PIA est approuvée, et elle devient résidente permanente du Canada. Même si elle est déjà en Nouvelle-Écosse, dès que l’IRCC valide sa demande, elle termine les démarches finales pour sa résidence permanente, débutant ainsi une nouvelle vie à proximité de sa sœur.
FAQ
1. Quel est le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et pourquoi a-t-il été fermé ?
Le PEQ était un dispositif facilitant l’accès à la résidence permanente pour les travailleurs et étudiants qui avaient accumulé de l’expérience au Québec. Il a été fermé car le gouvernement du Québec a décidé de réorienter sa politique d’immigration et de réduire le nombre de candidats acceptés pour mieux répondre aux besoins de la province.
2. Quels sont les critères d’éligibilité pour le Programme d’immigration atlantique (PIA) ?
Pour être éligible au PIA, les candidats doivent avoir une offre d’emploi d’un employeur désigné dans l’une des provinces atlantiques, démontrer une compétence linguistique, et prouver qu’ils disposent des fonds nécessaires pour s’établir. Le plan de settlement fait également partie intégrante du processus d’immigration.
3. Comment prouver son intention de résider hors du Québec ?
Il est essentiel de démontrer son intention de vivre en dehors du Québec pour les candidats ayant travaillé ou vécu dans cette province. Cela peut se faire par une déclaration écrite, des preuves de recherche d’emploi hors du Québec, ou des documents attestant d’un réseau de soutien familial ou social dans la nouvelle province d’accueil.
