Travail

Le Canada précise les règles des permis de travail LMIA-exempt sous l’accord commercial de l’OMC

Les professionnels venant de l’étranger qui souhaitent obtenir un permis de travail exempt d’impact sur le marché du travail (IMT) au Canada, dans le cadre d’un accord international sur le commerce des services, disposent désormais de règles plus claires. Cette mise à jour émane d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), qui a révisé ses directives pour les agents d’immigration.

Ces règles portent sur les professionnels désirant entrer au Canada sous l’Accord général sur le commerce des services (AGCS), un accord de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui facilite l’accès temporaire d’un certain nombre de professionnels étrangers. Les nouvelles instructions précisent les documents à fournir, les contrats éligibles et d’autres détails essentiels tant pour les candidats que pour les employeurs dans le cadre de ce programme.

Le programme pour les professionnels AGCS permet à une liste définie de travailleurs étrangers d’être actifs au Canada pour une période maximale de 90 jours sur une période de 12 mois, facilitant ainsi l’échange de services. De plus, l’employeur canadien n’a pas besoin de fournir une évaluation de l’impact sur le marché du travail (IMT), une démarche qui classique requiert de prouver qu’aucun travailleur canadien n’est disponible, rendant ce processus particulièrement rapide pour ces professionnels.

Élargissement des catégories de résidents permanents admissibles

Auparavant, seuls les résidents permanents des pays tels que l’Australie et la Nouvelle-Zélande pouvaient faire une demande, avec les citoyens des pays membres de l’OMC. Actuellement, avec 166 pays membres, de nouveaux entrants ont été ajoutés : les résidents d’Arménie et de Suisse. Ces résidents, s’ils répondent aux autres critères d’éligibilité, peuvent désormais postuler.

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Attentes clarifiées pour la documentation de soumission

Les exigences de documentation pour les demandeurs ont été élargies. Auparavant, la liste des pièces à fournir était limitée à des documents tels que la preuve de citoyenneté, un contrat de service signé et la preuve de qualifications. Les nouvelles lignes directrices maintiennent ces exigences tout en ajoutant d’autres éléments nécessaires, notamment :

  • Des lettres de référence ;
  • Une lettre de soutien de l’entreprise ;
  • Une description du poste précisant le niveau de formation requis ;
  • Des informations sur l’expérience professionnelle acquise ;
  • Des diplômes ou certifications en rapport avec le poste ;
  • Une liste des publications et distinctions, le cas échéant ;
  • Une description détaillée des tâches à accomplir au Canada ;
  • Une offre d’emploi soumise via le portail employeur de l’IRCC.

Il est crucial pour les employeurs de bien suivre ces nouvelles exigences documentaires, notamment l’utilisation du portail employeur s’il est approuvé.

Nouvelles règles sur l’éligibilité des contrats

Les professions admissibles sous l’AGCS sont désormais divisées en deux catégories, chacune avec ses propres règles contractuelles.

Groupe 1 : Ce groupe inclut des agents comme les ingénieurs, les agronomes, les architectes et les géomètres. Les professionnels de la géomatique doivent travailler dans des domaines tels que le relevé aérien.

Groupe 2 : Comprend des consultants juridiques étrangers, des urbanistes et des spécialistes informatiques, avec une limite de 10 entrants par projet. Pour le Groupe 1, le contrat de service doit provenir d’un fournisseur de services d’un pays membre de l’OMC, tandis que pour le Groupe 2, il doit être stipulé qu’aucune présence commerciale ne doit exister au Canada.

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Exigences plus strictes concernant les filiales canadiennes d’employeurs étrangers

Pour les professions du Groupe 2, la nouvelle directive précise que si le fournisseur de services étranger possède une filiale canadienne, le contrat ne sera pas éligible. Les agents d’immigration devront rechercher des éléments prouvant que l’entreprise est réellement active dans son pays d’origine.

Aspects inchangés

Malgré les révisions, plusieurs aspects fondamentaux restent intacts, à savoir :

  • La durée maximale de séjour demeure à 90 jours consécutifs sur une période de 12 mois, sans possibilité d’extension ;
  • Aucune modification concernant les secteurs exclus de l’AGCS : éducation, services liés à la santé, ainsi que les activités récréatives, culturelles et sportives ;
  • Les demandeurs doivent encore satisfaire aux critères d’éducation et de reconnaissance professionnelle ;
  • Les candidatures peuvent toujours être faites depuis un bureau de visa, à un point d’entrée ou de l’intérieur du Canada, selon l’admissibilité.

Informations sur les permis de travail exempt d’IMT sous l’AGCS

Le programme pour professionnels AGCS fait partie des voies d’accès permettant aux étrangers de travailler temporairement au Canada sans IMT, dans le cadre du Programme de mobilité internationale (PMI) de l’IRCC. Cela s’inscrit dans le cadre d’un engagement du Canada à offrir une entrée temporaire pour un groupe défini de professionnels capables de fournir des services sous contrat.

D’autres catégories de travailleurs étrangers pouvant travailler au Canada à court terme incluent : les visiteurs d’affaires (qui ne nécessitent pas de permis) et les transferts intra-entreprises qui peuvent également prétendre à un permis exempt d’IMT.

Pour être éligible, un candidat doit se conformer aux critères suivants :

  • Être citoyen d’un pays membre de l’OMC ou résider de façon permanente en Australie, Nouvelle-Zélande, Arménie ou en Suisse ;
  • Travailler dans une profession figurant sur la liste des professionnels AGCS ;
  • Détenir un contrat de service valide signé, entre un consommateur de services canadien et un fournisseur étranger d’un pays membre de l’OMC ;
  • Avoir les qualifications académiques et professionnelles reconnues par les autorités professionnelles canadiennes, le cas échéant.
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Comme pour tous les permis de travail au Canada, le permis de professionnel AGCS donne uniquement un statut de résident temporaire. Les permis expirent, et les titulaires doivent quitter le Canada une fois la période de séjour autorisée écoulée. Les étrangers souhaitant une résidence permanente doivent envisager les voies d’immigration économique telles que le programme Express Entry ou le Programme des candidats des provinces (PCP).

FAQ

1. Quels sont les types de services couverts par l’AGCS ?

Le commerce des services englobe divers domaines tels que les services bancaires, les télécommunications, le conseil, et bien d’autres. Les entreprises peuvent fournir ces services sans avoir besoin d’une présence physique permanente sur le territoire canadien.

2. Quels documents sont nécessaires pour postuler sous l’AGCS ?

Les candidats doivent soumettre plusieurs documents tels que la preuve de citoyenneté ou de résidence permanente, un contrat de service signé, des preuves de qualifications, ainsi que d’autres attestations comme des lettres de référence et des descriptions détaillées des services à fournir.

3. Quels sont les pays dont les citoyens peuvent bénéficier du programme AGCS ?

Les citoyens de tous les pays membres de l’OMC peuvent postuler, en plus des résidents permanents d’Australie, de Nouvelle-Zélande, d’Arménie et de Suisse. Cela offre une opportunité élargie pour un plus grand nombre de professionnels qualifiés.