Les admissions mensuelles de nouveaux travailleurs par le biais du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) au Canada ont atteint un niveau historiquement bas, selon les données récentes du gouvernement fédéral.
Pour le mois de novembre 2025, seulement 2 615 nouveaux permis de travail ont été délivrés, un chiffre qui n’avait pas été observé depuis près de deux ans.
Cette baisse est significative et a été enregistrée dans les statistiques mensuelles des admissions temporaires remontant à décembre 2023, actualisées le 20 janvier 2026.
La diminution des admissions temporaires s’inscrit dans le cadre de la nouvelle orientation des cibles d’admission de résidents temporaires, décrite dans le dernier Plan annuel des niveaux d’immigration, où l’objectif pour 2026 a été réduit à 60 000, soit une baisse de 27 % par rapport à la cible antérieure de 82 000.
Cette chute des arrivées est principalement due à la suspension du traitement des évaluations d’impact sur le marché du travail (EIMT) dans le cadre de la filière des bas salaires, décidée par le gouvernement fédéral.
Pour obtenir ou renouveler un permis de travail dans le cadre du PTET, un travailleur étranger doit fournir une preuve de l’EIMT positive ou neutre de leur employeur, un document émis par l’Emploi et Développement social Canada, affirmant que l’embauche ne nuira pas à l’accès à l’emploi pour les Canadiens.
Depuis septembre 2024, le gouvernement a mis en place une moratoire sur le traitement des demandes d’EIMT pour la filière des bas salaires dans les régions où le taux de chômage est supérieur à 6 %.
La liste de ces régions est mise à jour tous les trimestres. La plus récente mise à jour, publiée le 8 janvier 2026, inclut 24 régions, parmi lesquelles figurent Toronto, Calgary et Ottawa, tandis que sept autres grandes villes, telles que Vancouver et Halifax, ont été retirées de la liste.
Bien que le PTET soit moins sollicité que le Programme international de mobilité (PIM), il reste le programme phare qui permet aux employeurs canadiens d’embaucher des travailleurs étrangers dans divers secteurs, tant que les critères d’admission sont respectés et qu’un EIMT positif ou neutre est obtenu.
À l’opposé, le PIM présente des conditions d’accès plus restrictives, faisant appel uniquement à des étrangers dans des situations spécifiques, comme les diplômés d’études internationales ou les cadres d’entreprises multinationales transférés au Canada.
Les récentes coupes opérées en matière de PTET sont le résultat de plusieurs années de critiques visant le programme, notamment de la part du Parti conservateur du Canada, qui a demandé son abolition en septembre dernier.
À cette époque, le Premier ministre Mark Carney avait aussi évoqué d’éventuels changements au PTET, visant à mieux cibler certains secteurs stratégiques et besoins régionaux. Toutefois, aucune information concrète sur ces modifications n’a été publiée jusqu’à présent.
Les réductions du PTET s’inscrivent dans une stratégie plus large du gouvernement visant à diminuer le nombre total de résidents temporaires, avec l’objectif d’atteindre moins de 5 % de la population canadienne d’ici la fin de l’année 2027.
Le dernier Plan annuel des niveaux d’immigration a également fixé un objectif de 155 000 admissions d’étudiants internationaux pour 2026, en baisse par rapport à l’objectif précédent de 305 900.
FAQ
1. Qu’est-ce que le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) ?
Le PTET est un programme canadien qui permet aux employeurs de recruter des travailleurs étrangers pour combler des postes spécifiques. Les employeurs doivent prouver qu’ils ne peuvent pas trouver de Canadiens ou de résidents permanents pour ces postes. Ce programme est crucial pour certaines industries où la main-d’œuvre est rare.
2. Quelles sont les implications des moratoires sur les EIMT dans certaines régions ?
Les moratoires sur le traitement des EIMT dans les régions où le chômage est supérieur à 6 % empêchent les employeurs d’engager des travailleurs étrangers dans ces zones. Cela vise à protéger les emplois pour les Canadiens, mais peut aussi créer des pénuries de main-d’œuvre dans certaines industries où les employeurs sont dépendants de travailleurs étrangers.
3. Comment les réductions des admissions temporaires affecteront-elles le marché du travail canadien ?
Les réductions potentielles des admissions dans le cadre du PTET et d’autres programmes d’immigration pourraient exacerber les pénuries de main-d’œuvre dans des secteurs clés, affectant la croissance économique. Moins de travailleurs étrangers peut mener à des défis pour les entreprises cherchant à se développer ou à maintenir leurs opérations, surtout dans des régions où le chômage est faible.
