Actualités immigration Terre-Neuve et Labrador

Terre-Neuve-et-Labrador obtient une augmentation de ses nominations mais suspend temporairement les candidatures

Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador a obtenu une augmentation de 1 000 places supplémentaires dans son Programme des candidats des provinces (PCP) pour l’année 2025, portant ainsi le total des nominations possibles à 2 525. Cette augmentation inclut le maintien de 475 places dans le cadre du Programme d’immigration au Canada atlantique (PICA).

Cette décision intervient après une réduction drastique de 50 % imposée par le gouvernement fédéral sur les quotas d’immigration provinciale, passant initialement de 2 100 places en 2024 à seulement 1 050 en 2025. L’augmentation des allocations a été obtenue à la suite de négociations avec Ottawa, en échange d’un engagement de Terre-Neuve-et-Labrador à accueillir 290 migrants humanitaires au cours des deux prochaines années.


Suspension temporaire des candidatures

En raison de cette réorganisation, Terre-Neuve-et-Labrador a suspendu temporairement l’acceptation des nouvelles candidatures ainsi que l’évaluation des postes vacants dans le cadre du PCP-TNL jusqu’à mi-février 2025. Cette pause vise à permettre le développement de nouveaux outils afin d’optimiser le traitement des dossiers et d’améliorer l’adéquation entre les travailleurs qualifiés et les besoins des employeurs locaux.

Pendant cette période :

  • La norme de service de 25 jours est suspendue.
  • Les candidatures des travailleurs des secteurs prioritaires, notamment la santé et la construction, seront traitées en priorité.
  • Les employeurs devront attendre la réouverture du programme pour soumettre de nouvelles demandes.
A lire aussi :  Nouveaux Délais de Traitement de l’Immigration au Canada – Janvier 2025 (Mise à jour)

Détails sur l’accord avec le gouvernement fédéral

L’accord entre Terre-Neuve-et-Labrador et Ottawa repose sur l’accueil de 290 migrants humanitaires issus de zones de conflits, telles que l’Ukraine, le Soudan et Hong Kong.

Dans le cadre de cet accord :

  • Le gouvernement fédéral prendra en charge les frais de relocalisation de ces migrants, y compris le logement et les aides à l’intégration.
  • En échange, Terre-Neuve-et-Labrador obtient un allègement de la réduction initiale des quotas d’immigration.

Cette stratégie marque un changement dans l’approche fédérale : les provinces prêtes à accueillir davantage de réfugiés pourront bénéficier de quotas d’immigration économique plus élevés.


Un impact direct sur les secteurs en demande

La réduction fédérale de 50 % des quotas d’immigration a des conséquences graves pour certains secteurs clés de l’économie provinciale.

  • Santé : En 2024, Terre-Neuve-et-Labrador avait recruté 737 professionnels de santé à l’international. Le nouveau quota pour 2025 étant fixé à 737 candidatures économiques, cela signifie que les recrutements en santé seront presque impossibles sous les nouvelles restrictions.
  • Éducation et petite enfance : Une pénurie d’enseignants et d’éducateurs à la petite enfance est anticipée.
  • Construction : Le secteur du bâtiment et des travaux publics, qui souffre déjà d’un déficit de main-d’œuvre qualifiée, risque de voir des chantiers ralentis voire annulés.

La ministre de l’Immigration, Sarah Stoodley, a déclaré que la province devra faire des choix difficiles : “En 2025, nous devrons choisir entre recruter un travailleur social ou permettre à une entreprise d’embaucher un cadre indispensable”.


Statistiques sur la population temporaire

Un autre argument avancé par Terre-Neuve-et-Labrador pour défendre une augmentation de son quota d’immigration est le faible taux de résidents temporaires dans la province.

  • Au niveau national, 6 % de la population canadienne est composée de résidents temporaires.
  • À Terre-Neuve-et-Labrador, ce chiffre est seulement de 1,65 %, bien en dessous du seuil que veut atteindre Ottawa (5 %).
A lire aussi :  Canada suspend le traitement des EIMT pour les emplois à bas salaire dans certaines régions à compter de janvier 2025

Selon Sarah Stoodley, cette disparité rend la réduction fédérale injustifiée, car la province a un besoin crucial d’immigrants pour stabiliser sa population active.


Réactions dans les autres provinces

Terre-Neuve-et-Labrador n’est pas la seule province affectée par cette politique. D’autres régions du Canada atlantique et de l’Ouest ont également subi des baisses drastiques de leurs allocations.

Province/TerritoireQuota 2025Quota 2024
Alberta4 8759 750
Colombie-Britannique4 0008 000
Manitoba4 7509 540
Nouveau-Brunswick2 7505 500
Saskatchewan3 6258 000
Yukon215430

Les ministres de l’Ontario, du Manitoba, de l’Alberta et de la Saskatchewan ont exprimé publiquement leur opposition à ces coupes drastiques, dénonçant un impact économique négatif et une atteinte à l’autonomie provinciale en matière d’immigration.

Le ministre fédéral de l’Immigration, Marc Miller, justifie ces mesures par des problèmes d’infrastructures, de logement et de pression sur les services sociaux. Il a néanmoins laissé entendre que des allocations supplémentaires pourraient être accordées aux provinces acceptant plus de réfugiés humanitaires.


Concentration sur les zones rurales

L’un des impacts les plus critiques de cette nouvelle politique concerne les régions rurales de Terre-Neuve-et-Labrador.

  • 90 % des infirmiers internationaux recrutés en 2024 travaillent en dehors de St. John’s.
  • Une réduction des quotas signifierait une pénurie encore plus grave de personnel médical en dehors des grands centres urbains.

L’Union des infirmiers autorisés de Terre-Neuve-et-Labrador a exprimé ses préoccupations, affirmant que la province dépend fortement des recrutements internationaux pour combler les postes vacants dans le secteur de la santé.


Perspectives et ajustements nécessaires

Face à ces restrictions, Terre-Neuve-et-Labrador doit repenser sa stratégie d’immigration et mettre en place des politiques de recrutement plus ciblées.

  • Priorisation stricte des travailleurs dans les secteurs les plus critiques.
  • Collaboration renforcée avec les entreprises locales pour identifier les besoins urgents.
  • Poursuite des négociations avec Ottawa pour obtenir des exemptions ou des ajustements des quotas en fonction de la réalité économique locale.
A lire aussi :  Nouveau-Brunswick : Réouverture des programmes d’immigration avec des quotas réduits et des restrictions sectorielles

Les candidats potentiels sont invités à suivre de près les annonces officielles du PCP-TNL, car de nouvelles directives et ajustements pourraient être annoncés dans les prochaines semaines.