Actualités Canada

OPINION : L’immigration peut contribuer à résoudre la crise de santé au Canada, selon un nouveau sondage.

La santé demeure une préoccupation majeure pour les Canadiens, comme le révèle une étude récente de CIC News. Cette inquiétude est amplifiée par le fait que 6,5 millions de Canadiens n’ont pas de médecin de famille et que les délais d’attente dans les établissements de santé ont atteint des niveaux sans précédent en 2024.

Ce problème d’accès aux soins peut être attribué à une pénurie significative de professionnels de la santé. En Ontario, par exemple, on comptait 2 600 postes de médecins vacants dès janvier 2025.

Face à cette situation, de nombreux Canadiens expriment le souhait d’accueillir davantage de médecins formés à l’étranger afin de réduire ces délais d’attente, selon des recherches menées par CIC News.

Des obstacles à l’obtention de licences

Les médecins formés à l’étranger, malgré leurs années d’expérience, rencontrent des difficultés majeures pour obtenir le droit d’exercer leur profession au Canada. Par exemple, pour se voir délivrer une licence pour pratiquer la médecine de manière autonome en Ontario, il est requis de terminer “une année de formation postdoctorale ou de pratique médicale active” au Canada, ou de suivre “un internat clinique complet dans une école de médecine accréditée canadienne”, tout en étant citoyen canadien ou résident permanent.

A lire aussi :  Le Canada lance une nouvelle voie d'immigration pour les francophones.

La compétition pour obtenir des places en résidence est féroce, car la majorité de ces postes sont attribués aux diplômés des écoles de médecine canadiennes. En 2024, sur 3 086 diplômés canadiens, 2 936 ont réussi à intégrer une résidence, ce qui représente un taux d’admission de 95 %. En revanche, seulement 42 % des médecins formés à l’étranger ont pu obtenir une place, avec 671 des 1 602 candidats acceptés.

De plus, le processus d’obtention de la résidence permanente au Canada peut prendre des mois, voire des années.

Ainsi, bien que le Canada ouvre ses portes à des professionnels de la santé expérimentés venus de l’étranger, ces derniers peinent à obtenir les opportunités nécessaires pour être légalement autorisés à pratiquer.

Améliorer l’accès aux soins

Les Canadiens se montrent largement favorables à l’idée de résoudre la pénurie de travailleurs de la santé en permettant à des médecins formés à l’étranger de s’installer ici. Une étude réalisée par CIC News au sein de l’Angus Reid Forum a révélé que :

  • 61 % des répondants soutiennent qu’il faudrait augmenter le nombre de médecins formés à l’étranger pour diminuer les délais d’attente ;
  • 79 % des personnes interrogées estiment que ces médecins peuvent offrir un niveau de soins identique à celui des médecins formés au Canada.

Il est donc évident qu’il y a un soutien massif pour faciliter l’obtention de licences pour les médecins formés à l’étranger. Pour y parvenir, il serait pertinent d’augmenter le nombre de places en résidence et d’établir des chemins alternatifs pour permettre à des médecins étrangers expérimentés d’obtenir cette licence, sans avoir à passer par le même processus de résidence que les nouveaux diplômés.

A lire aussi :  IRCC révèle les demandes de RP qu'il traitera en 2025.

Dans un premier temps, en Ontario, il conviendrait de lever l’exigence de citoyenneté canadienne ou de résidence permanente pour permettre aux travailleurs étrangers disposant de permis de travail de pratiquer la médecine légalement.

Gérer le changement démographique

Le Canada fait face à un vieillissement de sa population, entraînant une demande accrue de services de santé, tout en bénéficiant de moins de travailleurs, d’une baisse des revenus fiscaux et d’un nombre croissant de retraités utilisant les programmes sociaux financés par l’État.

Une immigration réfléchie peut contribuer à rajeunir notre population et à fournir des travailleurs de santé de première ligne indispensables.

En disposant d’un système d’immigration bien géré, le Canada peut poursuivre sa croissance démographique à un rythme durable et atténuer les menaces socio-économiques qui découlent de cette transformation démographique majeure.

À propos de l’enquête

Les résultats présentés proviennent d’une enquête réalisée par CIC News entre le 3 et le 5 février 2025, auprès d’un échantillon représentatif de 1 502 Canadiens en ligne, membres de l’Angus Reid Forum. Cette enquête a été menée en anglais et en français. Dans un souci de comparaison, un échantillon de cette taille aurait une marge d’erreur de +/- 2,53 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

FAQ

1. Pourquoi y a-t-il une pénurie de médecins au Canada ?

La pénurie de médecins au Canada est due à plusieurs facteurs, notamment le nombre insuffisant de diplômés en médecine, le vieillissement de la population qui augmente la demande de soins, ainsi que des obstacles bureaucratiques qui compliquent l’intégration des médecins formés à l’étranger.

A lire aussi :  Le Canada risque de ne pas atteindre son objectif d'admissions de résidents permanents pour 2025.

2. Quels sont les principaux obstacles pour les médecins formés à l’étranger souhaitant exercer au Canada ?

Les médecins formés à l’étranger doivent faire face à divers obstacles, tels que la nécessité de passer par un processus de résidence difficilement accessible, des exigences en matière de citoyenneté ou de résidence permanente, ainsi qu’un long délai pour obtenir la reconnaissance de leurs qualifications.

3. Quelles solutions pourraient être mises en place pour améliorer la situation ?

Pour améliorer l’accès aux soins, il serait bénéfique d’augmenter le nombre de places en résidence, de créer des voies alternatives pour les médecins expérimentés en provenance de l’étranger et d’assouplir les règles de citoyenneté ou de résidence permanente pour leur permettre de pratiquer plus facilement.