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Assister à un concert au Canada cet été ? Risques d’interdiction d’entrée en cas de délit mineur et conseils pour l’éviter.

Lorsqu’on envisage de se rendre au Canada, il est essentiel d’être conscient que même un casier judiciaire léger peut entraîner un refus d’entrée. Seuls les citoyens canadiens bénéficient d’un droit d’entrée garanti sur le territoire. Pour les ressortissants étrangers, y compris les citoyens américains, une infraction criminelle passée peut être un motif d’inadmissibilité selon la législation canadienne.

Un exemple poignant est celui de Charley Crockett, une étoile de la musique country américaine, qui a dû annuler la partie canadienne de sa tournée après avoir été refusé d’entrée, qualifié d’« inadmissible pour des raisons de criminalité grave ».

Qu’est-ce que l’inadmissibilité criminelle ?

Selon les lois canadiennes, un étranger peut se voir refuser l’entrée au Canada en raison de ses antécédents judiciaires, même si les infractions sont considérées comme mineures dans d’autres pays. Cela s’explique par le fait que les agents d’immigration canadiens évaluent la nature des infractions selon les critères de la législation canadienne.

Par exemple, un délit de conduite sous l’influence de l’alcool (DUI), qui peut être perçu comme un simple délit dans certains États américains, est considéré comme une infraction grave au Canada. Si cette infraction a été commise avant le 18 décembre 2018, la personne concernée peut être éligible à une réhabilitation présumée, car le Canada a renforcé ses sanctions pour conduite avec facultés affaiblies à cette date. Les infractions commises après cette date sont classées comme des criminalités graves, rendant la réhabilitation présumée inapplicable.

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Puis-je entrer au Canada si j’ai un casier judiciaire ?

Il existe des possibilités de surmonter l’inadmissibilité criminelle si vous êtes considéré comme réhabilité. Vous pouvez être considéré réhabilité si :

  • Vous avez été reconnu coupable d’infractions sommaires au Canada et qu’au moins cinq ans se sont écoulés depuis la fin de votre peine ; ou
  • Vous avez commis une seule infraction non sommaire (passible d’une peine d’emprisonnement de moins de 10 ans) et qu’au moins dix ans se sont écoulés depuis la fin de votre peine.

Il n’existe pas de procédure formelle pour être déclaré réhabilité. Pour les personnes ayant un casier judiciaire, il est conseillé de se faire évaluer à l’avance par l’ambassade ou le consulat canadien compétent. Pour ceux vivant aux États-Unis, il est possible de se présenter à un poste frontalier canadien avec tous les documents relatifs à leur historique criminel, où des agents d’immigration décideront de leur recevabilité.

Comment une lettre d’opinion juridique peut-elle aider ?

Une lettre d’opinion juridique, élaborée par un avocat, peut clarifier pourquoi une personne n’est pas considérée comme inadmissible aux yeux des autorités frontalières. Ce document expose le contexte légal et les spécificités du cas en question, fournissant ainsi des arguments pour justifier l’entrée au Canada. Bien que la décision finale revienne à l’agent d’immigration, une lettre d’opinion peut réduire les risques de malentendu et renforcer votre dossier.

Et si je ne suis pas éligible à la réhabilitation présumée ?

Celui qui ne remplit pas les critères pour être réhabilité a principalement deux solutions s’il souhaite entrer au Canada :

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1. Réhabilitation criminelle

Également appelée réhabilitation individuelle, il s’agit d’une procédure formelle pour ceux qui ne peuvent pas bénéficier de la réhabilitation présumée. Pour en faire la demande, au moins cinq ans doivent s’être écoulés depuis la fin de la peine, et il faudra prouver qu’il n’y a plus de risque pour la société canadienne. Ce processus peut durer plus d’un an.

2. Permis de résident temporaire (PRT)

Le permis de résident temporaire est un document permettant à un étranger inadmissible d’entrer temporairement au Canada pour un motif spécifique. Pour l’obtenir, il faut démontrer à l’agent que la raison de votre entrée au Canada justifie les risques potentiels pour la société. Assister à un concert, par exemple, ne constitue généralement pas un motif suffisant.

FAQ

1. Quelles infractions peuvent rendre une personne inadmissible au Canada ?

Au Canada, les délits criminels graves, comme le vol à main armée, les agressions sexuelles, ainsi que certaines infractions liées à la conduite, telles que la conduite sous l’influence de l’alcool, peuvent entraîner l’inadmissibilité. Même des infractions considérées mineures dans d’autres pays peuvent avoir des conséquences en raison de la législation canadienne.

2. Que faire si mon entrée au Canada est refusée ?

Si vous vous voyez refuser l’entrée, il est possible de demander une réhabilitation criminelle ou d’essayer d’obtenir un permis de résident temporaire. Pour cela, il est conseillé de consulter un avocat spécialisé en immigration qui pourra vous guider dans ces démarches.

3. Combien de temps prend le processus de réhabilitation criminelle ?

Le traitement des demandes de réhabilitation criminelle peut prendre un certain temps, souvent plus d’un an, selon la complexité de votre dossier et le volume de demandes traitées par les autorités canadiennes. Il est recommandé de commencer le processus le plus tôt possible si vous envisagez de visiter le Canada.

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