Depuis l’arrivée de Lena Metlege Diab au poste de ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada, plusieurs changements ont été mis en œuvre dans la politique d’immigration canadienne. Ces évolutions peuvent être regroupées autour de trois grands axes : une sélection plus ciblée des résidents permanents, une administration simplifiée des permis temporaires et des mesures renforcées concernant le système d’asile.
Une approche régionale pour l’immigration économique
Avec Mark Carney à la tête du gouvernement et Diab au ministère, l’immigration économique se voit désormais orientée vers une approche plus régionale. Cette stratégie contraste avec l’ancien modèle centralisé du gouvernement précédent. Ainsi, le Plan annuel des niveaux d’immigration de Diab pour 2026 a augmenté de 66 % les allocations aux provinces en matière de résidences permanentes, établissant un objectif de 91 500 admissions, alors que l’objectif de l’année précédente s’élevait à 55 000.
Pour la première fois depuis plusieurs années, le Plan a également diminué la répartition fédérale des admissions, fixant un nouveau but de 109 000 résidents permanents pour 2026, contre 124 680 en 2025, alors que les admissions économiques ont subi une légère hausse.
Le Programme des candidats des provinces permet à ces dernières de nommer des ressortissants étrangers pour répondre à des besoins spécifiques de leur marché du travail. Par exemple, la Colombie-Britannique a concentré pratiquement l’ensemble de sa candidature pour 2026 sur les travailleurs de la santé et les entrepreneurs.
Renforcement de l’immigration rurale
Un autre axe de la politique actuelle est l’accent mis sur le soutien des communautés rurales du Canada. Le ministère s’inscrit dans la lignée de réformes débutées sous le mandat de Marc Miller, visant à attirer des travailleurs en milieu rural par des initiatives telles que l’“In-Canada Workers Initiative.” Ce programme envisage de convertir 33 000 travailleurs temporaires en résidents permanents entre 2026 et 2027.
Le ministre Diab a précisé que ce programme s’adressait uniquement aux travailleurs des zones rurales, excluant ainsi ceux des grandes villes. Les conditions pour bénéficier de cette initiative nécessitent au moins deux ans de résidence dans une communauté de taille réduite.
Pour faciliter l’emploi rural, des modifications temporaires ont été apportées au Programme des travailleurs étrangers temporaires, permettant à certains employeurs de recruter jusqu’à 15 % de leur main-d’œuvre par le biais du registre low-wage, au lieu de l’ancien maximum de 10 %.
Une immigration ciblée par métier
Cinq nouvelles catégories d’invitations à l’Entrée express ont été instaurées, visant des professions spécifiques afin d’adresser des pénuries sur le marché du travail. En contraste avec les catégories précédentes regroupant plusieurs professions, ces nouvelles catégories se concentrent sur quatre métiers maximum.
Cette stratégie permet une approche plus adaptée des besoins sectoriels, favorisant les professions les plus demandées. À ce jour, deux tirages ont été réalisés dans ces nouvelles catégories, avec des invitations envoyées à 250 gestionnaires et 391 médecins.
Par ailleurs, les exigences d’expérience de travail ont été redefinies, nécessitant désormais une année d’expérience intermittente, augmentant ainsi le critère de sélection pour les candidats.
Simplification de l’administration des permis temporaires
Depuis janvier 2026, le gouvernement a supprimé l’exigence d’une lettre d’attestation provinciale pour les étudiants de maîtrise et de doctorat. La nécessité d’un permis de travail coopératif pour les étudiants participant à des stages a également été abrogée, simplifiant ainsi le processus pour les étudiants canadiens.
De plus, un traitement accéléré des demandes de permis d’études a été adopté pour les étudiants de doctorat, permettant de traiter les demandes en seulement deux semaines.
Les mesures liées aux permis de travail ont aussi été amendées pour supporter les travailleurs en attente d’un renouvellement de leur statut.
Réformes législatives soutenant ces tendances
Le projet de loi C-12, récemment promulgué, renforce les mesures d’asile en imposant des restrictions sur les demandes d’asile et accroît les pouvoirs exécutifs du Conseil des ministres. Ces changements visent à gérer plus efficacement les applications d’immigration et à répondre aux défis du système.
Propositions de modifications actuellement en consultation
De nouvelles propositions concernant l’Entrée express et les autorisations d’études et de travail pour les étudiants internationaux sont à l’étude. Une fusion des programmes d’Entrée express est envisagée, avec des critères d’éligibilité simplifiés, dont un diplôme d’études secondaires et une expérience professionnelle cumulée d’un an.
Des consultations sont en cours pour ces changements proposés, qui devraient transformer l’approche d’immigration à l’avenir.
FAQ
Quels sont les critères pour immigrer au Canada en tant que travailleur qualifié ?
Les travailleurs qualifiés doivent généralement répondre à des exigences spécifiques, incluant un niveau de langue en français ou en anglais, une expérience professionnelle pertinente et des qualifications académiques reconnues. La plupart des candidats passeront par le système Entrée express, qui évalue les demandes sur la base d’une grille de points combinant l’expérience, l’âge, les compétences linguistiques et d’autres facteurs.
Comment se déroule le processus d’obtention d’un permis de travail temporaire au Canada ?
Pour obtenir un permis de travail temporaire, un candidat doit généralement recevoir une offre d’emploi d’un employeur canadien. Par la suite, il devra déposer une demande auprès des autorités canadiennes, fournissant les documents nécessaires tels que l’offre d’emploi, les preuves de qualification et les résultats de tests linguistiques, le cas échéant.
Quelles sont les mesures pour les réfugiés souhaitant s’installer au Canada ?
Les réfugiés peuvent faire une demande d’asile auprès des autorités canadiennes après être arrivés au Canada. Leurs demandes seront examinées pour déterminer si elles répondent aux critères d’admissibilité. Des mesures plus strictes ont été mises en œuvre récemment, empêchant les demandes de personne ayant attendu plus d’un an après leur entrée dans le pays. Des ressources juridiques peuvent également être disponibles pour aider les demandeurs dans le processus.
