Les immigrants au Canada réussissent souvent à accéder à la propriété, et cela à un rythme plus élevé que la population née au pays. Une étude récente de Statistique Canada a analysé le parcours typique des immigrants vers l’accession à la propriété, mettant en lumière les différentes étapes de ce processus.
Analyse des tendances et de l’utilisation du logement par les immigrants
La recherche menée par Statistique Canada, dirigée par Haozhen Zhang et Feng Hou, s’intéresse à la manière dont les immigrants permanent et non permanent (détenteurs de permis de travail ou d’études) utilisent le logement. Les données, issues du recensement national de 2021, portent sur l’utilisation typique des logements pour 1 000 individus, en tenant compte des unités possédées et louées.
Les résultats montrent une tendance générale à la hausse concernant la propriété, accompagnée d’une diminution du nombre de locations, en lien avec la durée de résidence des immigrants au Canada.
Les auteurs ont identifié plusieurs phases clés dans le chemin vers l’accession à la propriété pour les immigrants :
Premières années (0-5 ans après l’arrivée)
Dès leur arrivée, la plupart des immigrants optent d’abord pour la location de logements afin de se stabiliser et de bâtir leurs antécédents de crédit. Pendant cette période initiale, la transition de la location à la propriété est moins marquée, le taux global d’utilisation du logement étant d’environ 300 unités pour 1 000 personnes.
Les données révèlent un écart important entre les logements loués et ceux possédés, mais cet écart se réduit progressivement avec le temps, renforçant la tendance à devenir propriétaire :
| Années depuis l’admission | Logements possédés pour 1 000 personnes | Logements loués pour 1 000 personnes |
|---|---|---|
| 0 | 52 | 269 |
| 1 | 70 | 236 |
| 2 | 89 | 216 |
| 3 | 125 | 202 |
| 4 | 146 | 186 |
| 5 | 147 | 170 |
À partir de 5 à 10 ans après l’admission
Passé le cap de cinq ans, la tendance à la propriété s’affirme de manière plus visible. Dès la sixième année, la majorité des immigrants possèdent davantage de logements comparativement à ceux qu’ils louent. Au cours de cette période, l’utilisation totale des logements augmente, atteignant 367 unités pour 1 000 individus, contre 321 à leur arrivée.
| Années depuis l’admission | Logements possédés pour 1 000 personnes | Logements loués pour 1 000 personnes |
|---|---|---|
| 5 | 147 | 170 |
| 6 | 177 | 164 |
| 7 | 195 | 160 |
| 8 | 197 | 154 |
| 9 | 211 | 147 |
| 10 | 218 | 150 |
À partir de 10 ans après l’admission
Au-delà de dix ans, l’utilisation cumulée du logement chez les immigrants se rapproche de celle des Canadiens de naissance. Bien que l’utilisation des logements loués varie, une tendance générale à la baisse s’observe, tandis que la propriété continue d’augmenter.
| Années depuis l’admission | Logements possédés pour 1 000 personnes | Logements loués pour 1 000 personnes |
|---|---|---|
| 11 | 233 | 145 |
| 12 | 242 | 142 |
| 13 | 246 | 141 |
| 14 | 252 | 144 |
15 ans et plus après l’admission
Au bout de quinze ans, l’utilisation totale du logement par les immigrants dépasse même celle des Canadiens nés sur le sol. À ce stade, ces derniers occupent en moyenne 409 unités par 1 000 personnes, tandis que les Canadiens de naissance se situent à 397 unités. Avec le temps, ces chiffres continuent à croître, atteignant 454 unités par 1 000 personnes après vingt ans.
| Années depuis l’admission | Logements possédés pour 1 000 personnes | Logements loués pour 1 000 personnes |
|---|---|---|
| 15 | 267 | 143 |
| 16 | 282 | 137 |
| 17 | 290 | 138 |
| 18 | 304 | 135 |
| 19 | 311 | 133 |
| 20 | 321 | 132 |
Quelles influences culturelles expliquent ces tendances en matière d’accession à la propriété ?
Plusieurs éléments culturels peuvent expliquer ces variations observées. Les nouveaux arrivants vivent souvent en début dans de grands ménages familiaux pour mieux gérer les défis économiques. À mesure qu’ils s’installent et acquièrent une plus grande stabilité financière, la taille des ménages tend à diminuer avec le départ des enfants et l’adoption de valeurs qui favorisent les familles nucléaires. Ce changement entraîne une hausse de la consommation de logements, car les immigrants passent progressivement d’une situation de location à celle de propriétaires.
De plus, la situation économique des immigrants, qui sont majoritairement sélectionnés pour leur potentiel sur le marché du travail en fonction leur éducation et de leur expérience professionnelle, joue un rôle clé dans leur passage de la location à la propriété.
FAQ
1. Quels sont les principaux facteurs qui influencent l’accession à la propriété des immigrants au Canada ?
Les facteurs incluent la durée de séjour, la stabilité financière, et les circonstances familiales. À mesure qu’ils acquièrent une meilleure situation économique et s’adaptent aux normes canadiennes, leur capacité à acheter et posséder un logement augmente.
2. Comment se compare l’accession à la propriété entre les immigrants et les Canadiens nés au pays ?
Les immigrants montrent une tendance à devenir propriétaires à un rythme plus rapide que les Canadiens nés au pays, surtout après plusieurs années de résidence, atteignant en moyenne 409 unités pour 1 000 personnes après 15 ans, surpassant même les Canadiens nés au pays.
3. Quel impact a la taille du ménage sur l’accession à la propriété ?
Les immigrants commencent souvent par vivre avec des membres de la famille élargie pour des raisons économiques. À mesure qu’ils se stabilisent, la taille des ménages diminue, ce qui leur permet de mieux gérer leurs finances et d’économiser, facilitant ainsi l’accès à la propriété.
