Marc Carney, nouvellement nommé Premier ministre du Canada, a des idées bien précises concernant le système d’immigration du pays. D’une part, il reconnaît l’importance cruciale de l’immigration pour alimenter l’économie canadienne. D’autre part, il dénonce les politiques récentes qui ont permis l’arrivée d’un nombre important de nouveaux immigrants que le pays peine à intégrer, suggérant ainsi la mise en place d’un plafond sur l’immigration.
Ce texte se penche sur les déclarations publiques de Carney en matière de politique migratoire, abordant plusieurs thèmes clés :
- Un éventuel “plafond” sur l’immigration ;
- La priorité accordée aux résidents temporaires pour la résidence permanente ;
- Le nombre d’admissions de travailleurs étrangers temporaires ;
- La dépendance excessive aux frais de scolarité des étudiants internationaux par les universités canadiennes ;
- La crise du logement au Canada ; et
- Le rôle de la politique d’immigration dans l’identité nationale du Canada.
Nous aborderons également brièvement :
- Le parcours de Marc Carney ; et
- Les prochaines étapes pour Marc Carney.
Proposition de plafonnement de l’immigration
Pour remédier à la crise du logement au Canada, le plan de Carney prévoit d’instaurer un plafond sur l’immigration, afin de ramener le flux migratoire à des niveaux durables pré-pandémie, selon des documents de politique diffusés en février 2025. Cette mesure est présentée comme une réponse nécessaire à une politique migratoire jugée trop permissive ces dernières années.
Carney affirme : « Nous avons accueilli des niveaux de travailleurs étrangers, d’étudiants et de nouveaux Canadiens bien au-delà de ce que nous pouvions gérer — en termes de logements, de services de santé, de services sociaux et d’opportunités. » Ces propos, prononcés lors d’un événement à Ottawa, soulignent sa volonté d’adopter une approche plus prudente en matière d’immigration.
En octobre 2024, le ministère de l’Immigration du Canada a annoncé une baisse de 20 % des objectifs d’admission de nouveaux résidents permanents par rapport à l’année précédente, incluant également pour la première fois des cibles pour les résidents temporaires.
Priorisation des résidents temporaires pour la résidence permanente
Lors de l’événement mentionné, Carney a mis en avant l’importance d’« absorber les plus de 4 millions de personnes arrivées ces dernières années » avant de se concentrer sur une croissance supplémentaire. Le fait de donner la priorité aux résidents temporaires pour la résidence permanente s’inscrit dans les tendances actuelles de la politique d’immigration du gouvernement fédéral.
Selon le plus récent plan des niveaux d’immigration, cette année, 82 980 admissions de résidents permanents seront ciblées pour la catégorie dite “In-Canada Focus”, représentant environ 36 % de l’objectif économique annuel.
Flux de travailleurs étrangers temporaires
Carney a également évoqué la nécessité de réguler le nombre de travailleurs étrangers temporaires (TET) dans le pays. Il a admis que des erreurs avaient été commises : « Nous avons laissé entrer trop de TET. » Il a reconnu que la pandémie avait exacerbé la situation, les entreprises ayant sollicité davantage de TET pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre, mais laissant le gouvernement dans l’incapacité de suivre cette augmentation.
Dépendance aux frais de scolarité des étudiants internationaux
Bien que Carney n’ait pas proposé de limiter le nombre d’étudiants internationaux, il a exprimé des inquiétudes concernant la viabilité des établissements d’enseignement supérieur, qui dépendent de manière disproportionnée de ces étudiants pour leurs revenus. « Les transferts des provinces ont été gelés, laissant les universités dépendre uniquement des étudiants internationaux pour leur croissance, » a-t-il souligné. Suite à l’instauration des limites sur le nombre d’étudiants internationaux, de nombreuses institutions ont subi des pertes financières sévères, entraînant des déficits budgétaires et des coupes dans leurs effectifs.
La crise du logement
Les commentaires de Carney suggèrent qu’il pourrait également étudier le stock de logements lors de l’élaboration de politiques migratoires futures. Son engagement vise à « dynamiser le plan de logement du Canada », englobant notamment une augmentation des effectifs dans le secteur de la construction par le biais de l’investissement dans les métiers qualifiés et le développement des programmes de formation.
Immigration et identité nationale
Carney souligne que l’immigration est essentielle à la fois pour l’économie canadienne et pour son identité nationale. Interrogé sur la capacité du pays à soutenir une politique favorable à l’immigration, il a répondu : « En bref, oui, nous le pouvons — sinon, nous ne pouvons pas nous le permettre. » Il rappelle que l’histoire du Canada est celle d’un pays accueillant, où de nombreux citoyens sont issus de l’immigration.
Parcours de Marc Carney
Issu de modestes origines, Carney a été élevé par des parents enseignants dans les Territoires du Nord-Ouest et à Edmonton, Alberta. Il a suivi des études en économie à Harvard, avant d’obtenir des diplômes de maîtrise et de doctorat à l’Université d’Oxford. Sa carrière a débuté chez Goldman Sachs, avant de diriger la Banque du Canada de 2008 à 2013 en pleine crise financière mondiale. Il a par la suite été nommé Gouverneur de la Banque d’Angleterre, puis s’est engagé à l’ONU en tant qu’Envoyé spécial pour l’Action climat. Sa candidature au leadership du Parti libéral canadien a été annoncée le 16 janvier, marquant son premier pas en politique.
Aperçu de l’avenir pour Marc Carney
Bien que son installation en tant que Premier ministre soit imminente, la durée de son mandat reste incertaine. Le prochain scrutin fédéral est prévu avant le 20 octobre 2025, mais pourrait survenir plus tôt. À la reprise des sessions parlementaires, des observateurs politiques anticipent que l’opposition pourrait provoquer des élections anticipées en passant un vote de défiance contre le gouvernement libéral minoritaire actuel.
FAQ
1. Quels sont les impacts d’un plafonnement de l’immigration sur l’économie canadienne ?
Un plafonnement de l’immigration pourrait initialement réduire la croissance économique, car une immigration moins importante peut limiter l’arrivée de travailleurs nécessaires dans divers secteurs en expansion. Cependant, cela pourrait également permettre une meilleure intégration des nouveaux arrivants dans la société et l’économie, favorisant ainsi une
croissance à long terme plus durable.
2. Comment Carney compte-t-il résoudre la crise du logement au Canada ?
Carney envisage d’investir dans le secteur de la construction pour dynamiser le marché immobilier. Cela comprend le soutien aux métiers spécialisés à travers la formation et les programmes d’apprentissage, ce qui devrait contribuer à augmenter l’offre de logements disponibles.
3. Quelle est la position de Carney sur l’importance des étudiants internationaux dans les universités canadiennes ?
Bien que Carney n’ait pas proposé de limiter les étudiants internationaux, il a exprimé des préoccupations quant à la surdépendance des universités canadiennes de leurs frais de scolarité. Il appelle à un soutien accru des fonds provinciaux pour diminuer cette dépendance et assurer la durabilité des institutions d’enseignement supérieur.
