Une reprise sous contraintes
Depuis le 5 février 2025, le Nouveau-Brunswick a rouvert plusieurs de ses programmes d’immigration, après une période d’ajustement imposée par une réduction significative des quotas de nomination fédéraux. La province a désormais 2 750 places réparties entre :
- Le Programme des candidats du Nouveau-Brunswick (PCNB) avec 1 500 places.
- Le Programme d’immigration au Canada atlantique (PICA) avec 1 250 places.
Cette diminution a contraint le gouvernement provincial à réorganiser ses priorités et à imposer des restrictions sur certaines professions, une situation qui suscite des préoccupations tant pour les employeurs que pour les travailleurs étrangers.
Une décision difficile pour la croissance économique
Dans un communiqué officiel, Jean-Claude D’Amours, ministre par intérim de l’Éducation postsecondaire, a exprimé son inquiétude quant aux conséquences économiques de cette réduction :
“Nous nous attendions à un soutien plus fort pour répondre aux besoins croissants du marché du travail. Cette limitation affectera notre capacité à soutenir la croissance économique de notre province et de ses entreprises.”
Le gouvernement du Nouveau-Brunswick est actuellement en négociations avec le gouvernement fédéral pour obtenir une augmentation des allocations ou une flexibilité accrue dans la gestion des nominations.
Professions prioritaires et restrictions
Le Nouveau-Brunswick a décidé de concentrer les nominations en priorité sur trois secteurs clés :
- Santé
- Éducation
- Construction
D’autres secteurs bénéficieront d’un soutien limité, tandis que certaines professions sont désormais exclues des programmes d’immigration en raison de la saturation du marché du travail ou du faible besoin en main-d’œuvre étrangère.
Les professions exclues temporairement incluent notamment :
- Techniciens en comptabilité et teneurs de livres (CNP 12200)
- Adjoints administratifs (CNP 13110)
- Gérants de restaurant et de services alimentaires (CNP 60030)
- Superviseurs des services alimentaires (CNP 62020)
- Cuisiniers (CNP 63200)
- Boulangers (CNP 63202)
- Barmans (CNP 64301)
- Représentants du service à la clientèle (CNP 64409)
- Serveurs et préposés aux comptoirs alimentaires (CNP 65200, CNP 65201)
Changements et mise à jour des programmes d’immigration
Programme Entrée express du Nouveau-Brunswick
Ce programme reprendra bientôt l’acceptation des Déclarations d’intérêt (DOI) pour deux catégories :
- Voie de l’emploi au Nouveau-Brunswick
- Voie des intérêts du Nouveau-Brunswick
Toutefois, la connexion Étudiant du Nouveau-Brunswick ne sera pas reconduite en 2025.
Programme des travailleurs qualifiés du Nouveau-Brunswick
Ce programme a été restructuré en trois nouveaux volets :
- Volet Expérience de travail au Nouveau-Brunswick :
- Avoir travaillé à temps plein et de façon non saisonnière pour un employeur du Nouveau-Brunswick durant les six derniers mois.
- Résider dans la province depuis au moins six mois.
- Volet Diplômés du Nouveau-Brunswick :
- Avoir complété un programme d’études éligible au Permis de travail postdiplôme (PTPD) dans un établissement d’enseignement désigné du Nouveau-Brunswick.
- Avoir un emploi à temps plein ou une offre d’emploi d’un employeur éligible.
- Volet Professions prioritaires du Nouveau-Brunswick :
- Avoir une offre d’emploi à temps plein et non saisonnier obtenue via une mission de recrutement gouvernementale.
- Justifier au moins un an d’expérience dans le domaine concerné.
Les candidats travaillant dans certaines professions ne seront pas admissibles à ce programme (voir liste des exclusions plus haut).
Autres programmes actuellement ouverts
- Programme des diplômés des collèges privés de carrière : Acceptant encore des DOI, mais prendra fin à l’automne 2025.
- Programme d’immigration des entrepreneurs du Nouveau-Brunswick : Les candidats doivent démontrer que leur entreprise fonctionne depuis au moins six mois.
- Programme pilote des travailleurs essentiels : Toujours ouvert, mais avec des critères d’éligibilité spécifiques.
- Programme d’immigration au Canada atlantique (PICA) : Actuellement en cours d’acceptation.
Programme Initiative stratégique du Nouveau-Brunswick
Ce programme est temporairement fermé aux nouvelles candidatures en raison du nombre suffisant de demandes en attente.
Missions de recrutement : comment sont-elles organisées ?
Le gouvernement du Nouveau-Brunswick organise régulièrement des missions de recrutement à l’étranger pour attirer des talents qualifiés. Ces missions ciblent principalement :
- L’Europe (France, Belgique)
- L’Amérique latine (Brésil, Mexique)
- L’Afrique francophone (Maroc, Sénégal, Tunisie)
Ces événements permettent aux candidats sélectionnés de passer des entretiens avec des employeurs et d’obtenir des offres d’emploi avant même leur arrivée au Canada.
Statistiques et tendances de l’immigration
En comparaison, les quotas d’immigration au Nouveau-Brunswick pour 2024 étaient de 4 000 nominations. Cette réduction à 2 750 places en 2025 représente une baisse de près de 31 %, ce qui complique considérablement la gestion de la main-d’œuvre étrangère.
Dans d’autres provinces comme Terre-Neuve-et-Labrador, la réduction initiale des quotas de 50 % a finalement été ajustée à seulement 2,3 %, après négociation avec le gouvernement fédéral.
Conséquences pour les employeurs et l’économie locale
De nombreuses entreprises du Nouveau-Brunswick, en particulier dans les soins de santé, la construction et les services essentiels, s’inquiètent de l’impact de cette réduction des quotas. Les employeurs peinent déjà à trouver de la main-d’œuvre qualifiée et dépendent largement de l’immigration pour pourvoir leurs postes.
Un responsable d’une entreprise de construction locale témoigne :
“Sans travailleurs étrangers, nos projets prennent du retard. Nous avons besoin d’une politique d’immigration qui reflète la réalité du marché du travail.”
Le Conseil économique du Nouveau-Brunswick appelle le gouvernement fédéral à réviser ces quotas pour éviter un ralentissement économique dû à une pénurie de main-d’œuvre.
Perspectives et négociations en cours
Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a officiellement exprimé son mécontentement au gouvernement fédéral et cherche à négocier un ajustement des quotas. Des solutions sont envisagées, notamment :
- L’intégration de travailleurs humanitaires dans les quotas provinciaux, comme cela a été fait à Terre-Neuve-et-Labrador.
- Un assouplissement des restrictions sur certaines professions en fonction des besoins économiques réels.
Bien que ces discussions soient en cours, aucune modification immédiate n’a été annoncée.
Conclusion
La réouverture des programmes d’immigration du Nouveau-Brunswick est marquée par des restrictions et des incertitudes liées à la réduction des quotas fédéraux. Cette situation pourrait freiner la croissance économique, en particulier dans les secteurs prioritaires. Le gouvernement provincial continue de faire pression sur Ottawa pour obtenir une meilleure allocation des nominations et soutenir les besoins du marché du travail.
