Le gouvernement fédéral canadien a annoncé une nouvelle limitation du nombre de demandes de permis d’études pour l’année 2025. À compter du 22 janvier et jusqu’au 31 décembre 2025, le nombre total de demandes de permis d’études qui seront traitées est fixé à 550 162. Cette mesure a été officialisée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) à travers des instructions ministérielles publiées le 18 janvier 2025.
Une fois ce plafond atteint, toutes les nouvelles demandes seront refusées automatiquement et les frais de dossier seront remboursés. Il est important de noter que ce nombre ne correspond pas au nombre total de permis qui seront approuvés, mais uniquement au volume de demandes qui seront examinées.
Objectif et contexte de cette mesure
Cette restriction s’inscrit dans la volonté du gouvernement de limiter l’augmentation du nombre de résidents temporaires au Canada, notamment face à une hausse importante des étudiants internationaux ces dernières années. Le nombre total de demandes traitées pour 2025 est inférieur à celui de 2024, où 606 250 demandes avaient été acceptées pour traitement, avec un objectif d’approbation de 364 000 permis d’études.
Le Plan des niveaux d’immigration 2025-2027 prévoit d’accueillir environ 305 900 nouveaux étudiants internationaux par an. Toutefois, il ne s’agit pas du nombre de permis d’études qui seront approuvés, mais plutôt d’une estimation du nombre d’étudiants qui arriveront réellement au Canada après avoir obtenu leur permis.
Répartition provinciale et impact pour les étudiants
Chaque province et territoire a reçu une allocation spécifique de demandes de permis d’études, ce qui signifie que les gouvernements locaux géreront la répartition des nouveaux étudiants dans leurs institutions postsecondaires désignées. Cette répartition vise à mieux contrôler l’afflux d’étudiants étrangers et leur répartition géographique à travers le pays.
De nombreuses universités et collèges s’inquiètent déjà des effets de cette politique sur leurs effectifs et leurs revenus, l’éducation internationale représentant une source majeure de financement pour plusieurs établissements postsecondaires.
Qui est exempté de cette limitation ?
Certains demandeurs de permis d’études ne seront pas soumis à ce plafond. Les exemptions concernent notamment :
- Les étudiants qui renouvellent leur permis d’études pour poursuivre leur formation dans le même établissement désigné (DLI – Designated Learning Institution) et au même niveau d’études.
- Les personnes sous le coup d’une mesure de renvoi non exécutoire et qui détiennent un permis de séjour temporaire valide pour au moins six mois.
- Les étudiants parrainés par un membre de leur famille résidant au Canada, sous certaines conditions.
- Les personnes protégées et les demandeurs de résidence permanente qui ont obtenu une exemption pour un permis d’études.
- Les membres de la famille des personnes citées ci-dessus.
- Les étudiants inscrits dans le cadre d’un programme d’échange dans un établissement désigné au Canada.
- Les étudiants fréquentant un établissement administré par un ministère fédéral.
- Les bénéficiaires de bourses internationales financées par Affaires mondiales Canada.
- Les participants au projet pilote pour les étudiants francophones des communautés en situation minoritaire.
- Les personnes entrant au Canada sous une politique publique spéciale du ministre de l’Immigration en réponse à une crise ou autre pression.
- Les personnes exemptées de l’obligation d’un permis d’études en vertu d’une politique visant certains peuples autochtones et leurs familles.
Différence entre demandes traitées et permis approuvés
Le gouvernement précise que la limite de 550 162 demandes ne signifie pas que tous ces permis seront approuvés. Un taux de refus est appliqué, basé sur les tendances des années précédentes. En 2024, le Canada visait un objectif d’approbation de 364 000 permis, ce qui montre qu’une part importante des demandes est rejetée chaque année.
IRCC ajuste le nombre de demandes traitées en fonction du taux de refus estimé, afin d’atteindre un nombre cible d’étudiants acceptés pour l’année académique.
Conséquences pour les étudiants internationaux
Cette mesure pourrait réduire considérablement le nombre d’étudiants internationaux admis au Canada, affectant particulièrement ceux qui cherchent à obtenir un premier permis d’études. La baisse du nombre de permis pourrait également influencer le marché locatif, notamment dans les grandes villes où les étudiants étrangers contribuent fortement à la demande en logements.
De nombreux étudiants potentiels pourraient devoir envisager d’autres destinations, telles que l’Australie, le Royaume-Uni ou les États-Unis, qui restent des choix populaires pour les études supérieures.
Conclusion
Le Canada resserre donc son contrôle sur l’immigration étudiante, avec un objectif clair de limiter l’afflux de nouveaux résidents temporaires. Cette politique, bien que critiquée par certains établissements postsecondaires, vise à mieux réguler la croissance du nombre d’étudiants internationaux et à limiter la pression sur le logement et les infrastructures du pays.
