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Les nouvelles politiques d’immigration du Canada trouvent le bon équilibre, selon les économistes.

Impact des Restrictions sur l’Immigration au Canada : Analyse du Marché Locatif et de l’Emploi

Les mesures adoptées par le Canada pour limiter l’immigration commencent à porter leurs fruits, notamment en ce qui concerne l’apaisement des prix des loyers et la stabilisation du marché de l’emploi, selon un rapport récent de TD Economics.

Les économistes Beata Caranci et Marc Ercolao révèlent que la baisse des admissions de résidents temporaires et permanents a entraîné un ralentissement de 36 % des hausses prévues des loyers, ainsi qu’une réduction d’un point de pourcentage du taux de chômage.

Une observation inattendue de leur analyse concerne les dépenses des ménages : malgré la diminution de la croissance démographique, celles-ci n’ont pas chuté, mais au contraire se maintiennent.

Ces résultats surviennent alors que le gouvernement fédéral se prépare à publier son prochain Plan de niveaux d’immigration. Le plan précédent (2025-2027) a marqué un tournant par rapport aux politiques des années antérieures, en abaissant les objectifs d’admission de résidents permanents de 500 000 à 395 000 par an et en établissant pour la première fois des cibles pour les résidents temporaires.

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Logement : Des Loyers en Baisse

La réduction de la croissance de la population a apporté certaines améliorations dans l’immobilier canadien. Selon les données de Statistique Canada, la croissance démographique était de 0,0 % au premier trimestre de 2025 et de 0,1 % au deuxième trimestre.

Cette stagnation est en grande partie due à une diminution de la population de résidents temporaires, conséquence de diverses réformes gouvernementales mises en œuvre entre 2024 et 2025. En effet, le nombre de nouveaux étudiants a chuté de 59,7 % et celui des travailleurs de 48,6 % entre janvier et août 2025 par rapport à la même période en 2024.

Cette tendance a des répercussions indéniables sur le marché locatif. Les prévisions actuelles estiment une augmentation moyenne de 3,5 % des loyers des logements, une baisse significative par rapport à une prévision de 5,5 % sans restrictions d’immigration.

Selon les auteurs, si les niveaux d’immigration avaient été maintenus à un niveau élevé, les locataires auraient dû payer environ 1 100 $ de plus par an pour un appartement d’une chambre d’ici 2027. Les changements sont particulièrement visibles dans des régions comme la Colombie-Britannique et l’Ontario, où la proportion de travailleurs étrangers temporaires et d’étudiants internationaux est plus élevée.

Chômage : Un Marché du Travail en Équilibre

Le marché du travail canadien a montré des signes de refroidissement entre 2024 et 2025. Avec 146 395 travailleurs en moins arrivés entre janvier et août 2025, on constate un effet stabilisateur des changements en matière d’immigration.

Le taux de chômage en septembre 2025 s’établit à 7,1 %. Les données indiquent que, sans ces ajustements, le taux de chômage aurait dépassé 8 %, même en tenant compte de l’absorption par les employeurs de 30 à 50 % des nouveaux travailleurs.

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Environ 40 000 postes nets ont été supprimés entre juillet et septembre 2025, et 40 000 autres pourraient être en danger cette année. Toutefois, les économistes estiment une légère remontée du taux de chômage avant une diminution progressive l’année suivante, en lien avec le ralentissement de la croissance de la main-d’œuvre.

Dépenses des Ménages : Une Résilience Surprenante

Les économistes ont été intrigués par la robustesse des dépenses des ménages malgré une baisse des nouveaux arrivants. Bien que la croissance démographique ait ralenti, les dépenses totales au premier semestre 2025 ont dépassé les prévisions.

Cela peut être attribué à plusieurs facteurs : une baisse des taux d’intérêt, une consommation des économies accumulées par les ménages, une reprise de la demande dans l’immobilier, et un tourisme national florissant.

Une autre explication pourrait résider dans le fait qu’entre 2022 et 2024, les résidents non permanents ont constitué plus de 70 % de la croissance démographique, incluant une majorité d’étudiants et de travailleurs à faible revenu, dont les dépenses sont souvent limitées.

Les estimations révèlent que les dépenses réelles par habitant commencent à remonter après une période de déclin. Cette tendance pourrait même dépasser les niveaux de mi-2022 plus tôt que prévu.

Modifications des Politiques d’Immigration

Au cours de 2024 et 2025, diverses réformes gouvernementales ont été mises en place pour réduire les niveaux de résidents temporaires :

  • Restrictions sur l’éligibilité aux permis de travail post-diplôme dans certains programmes.
  • Exigence de preuve de compétence linguistique pour les demandeurs de permis.
  • Limitation de la délivrance de permis de travail ouverts pour les conjoints de travailleurs étrangers.
  • Impôts sur les permis de travail plutôt que sur les qualifications académiques.
  • Moraire sur le traitement des demandes de travail dans les secteurs à bas salaire dans les régions à fort taux de chômage.
  • Augmentation des exigences salariales pour le volet haute rémunération des travailleurs temporaires.
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Ces ajustements visent à réduire les émissions de permis de 300 000 d’ici 2027, même sans la restriction sur les bas salaires.

FAQ

1. Quels sont les principaux objectifs des réformes sur l’immigration au Canada ?

Les réformes visent principalement à réduire le nombre de résidents temporaires pour stabiliser le marché du logement et limiter la croissance du chômage. Cela inclut des politiques ciblant spécifiquement les étudiants et les travailleurs dans les secteurs où le taux de chômage est élevé.

2. Comment la baisse de l’immigration affecte-t-elle le marché locatif ?

La diminution de l’immigration a contribué au ralentissement de la hausse des loyers, car une population en croissance rapide augmente la demande de logements. En réduisant le nombre de nouveaux arrivants, le gouvernement a cherché à donner un répit au marché locatif, permettant ainsi aux prix de stabiliser.

3. Les dépenses des ménages ont-elles été affectées par la baisse de la croissance démographique ?

Surprenant, les dépenses des ménages ont non seulement résisté, mais ont même augmenté. Cela résulte de divers facteurs tels que les taux d’intérêt bas et une dépendance accrue aux économies, ce qui montre que même avec une réduction des arrivées, le comportement des consommateurs reste dynamique.