Le Canada a enregistré une baisse notable de sa population au troisième trimestre de 2025, selon les premières estimations fournies par Statistique Canada. Entre le 1er juillet et le 1er octobre 2025, la population a chuté de 76,068 individus, soit une diminution de 0,2 %. C’est la première fois en 2025 que les estimations trimestrielles indiquent une baisse.
Le principal responsable de cette diminution est le recul du nombre de résidents non permanents, un changement attribué à des modifications récentes des politiques gouvernementales en matière d’immigration.
Analyse des derniers chiffres
Au cours de ce trimestre, la plupart des provinces et territoires ont soit vu leur population diminuer, soit demeurer stable. Selon les données, l’Ontario a connu la plus forte contraction avec une baisse de 0,4 %, suivie par la Colombie-Britannique (-0,3 %), le Manitoba et les Territoires du Nord-Ouest, qui affichent tous deux une baisse de 0,2 %. Seules l’Alberta et le Nunavut ont enregistré une légère hausse de 0,2 %.
Cette situation contraste fortement avec les tendances observées dans les années précédentes. En effet, au troisième trimestre de 2023, le pays avait vu une croissance record de 1 %, la plus élevée depuis 1957. L’année suivante, la hausse avait été de 0,6 %.
Chute du nombre de résidents non permanents
Statistique Canada a évalué que le nombre de résidents non permanents a chuté de 176,479 au troisième trimestre de 2025, ce qui constitue la cause principale de la baisse démographique nationale. Cette chute est la plus importante jamais enregistrée depuis le début des statistiques comparables en 1971.
Au 1er octobre 2025, on estimait à 2,847,737 le nombre de résidents non permanents, une baisse par rapport aux 3,024,216 enregistrés en juillet. Les sortants, totalisant 339,505, ont donc dépassé les entrées, qui n’étaient que de 163,026.
Dynamique des permis et des flux migratoires
Les principaux motifs de cette chute des NPR incluent une diminution significative des titulaires de permis d’études, de travail et de permis combinés. Les chiffres indiquent que les titulaires de permis d’études ont diminué de 73,682, surtout en Ontario (-47,511) et en Colombie-Britannique (-14,291).
En parallèle, le nombre de demandeurs d’asile et de personnes protégées a continué de croître, atteignant un nouveau sommet avec 504,767 en hausse de 7,324 pour le 15e trimestre consécutif.
Immigration permanente soutenue
Malgré la dynamique négative liée aux résidents non permanents, l’immigration permanente a maintenu un rythme similaire aux trimestres précédents. Environ 102,867 immigrants ont été accueillis pendant cette période, ce qui s’inscrit dans les objectifs récents du ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada pour 2025-2027.
Les changements impactant les non-permanents
La diminution du nombre de résidents non permanents peut être largement attribuée à plusieurs nouveautés politiques mises en place par le gouvernement fédéral, visant à réduire ce secteur à 5 % de la population d’ici fin 2027 :
- Restrictions sur les LMIAs faibles : Les demandes de LMIAs à bas salaire ne sont plus traitées dans les régions affichant un taux de chômage supérieur à 6 % depuis septembre 2024.
- Éligibilité réduite pour les permis de travail ouverts aux conjoints : Ces permis sont désormais réservés aux conjoints de certains étudiants internationaux et de travailleurs qualifiés.
- Conditions plus strictes pour le PGWP : Des exigences linguistiques et des conditions liées au champ d’études sont désormais appliquées depuis novembre 2024.
- Plafonnement des demandes de permis d’études : Pour 2025, le nombre de demandes a été limité à 550,162, représentant une réduction de 10 % par rapport à 2024.
FAQ
1. Pourquoi la population du Canada a-t-elle diminué au troisième trimestre de 2025 ?
La baisse de la population est principalement due à une chute significative du nombre de résidents non permanents, en grande partie à cause de changements politiques affectant les permis de travail et d’études qui ont conduit à un exode de ces résidents.
2. Quel impact ces changements politiques ont-ils sur l’immigration permanente ?
Bien que les résidents non permanents aient diminué, l’immigration permanente a continué de croître, ce qui aide à compenser les pertes. Cela reflète des efforts pour maintenir un équilibre démographique tout en gérant les défis liés à l’immigration temporaire.
3. Quels sont les prochains objectifs du gouvernement canadien en matière d’immigration ?
Le gouvernement vise à réduire le nombre de résidents non permanents à 5 % de la population d’ici fin 2027. Cela implique des modifications des politiques d’immigration afin de gérer plus efficacement les flux entrants et sortants.
