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Baisse des travailleurs étrangers et étudiants au Canada pour la première fois en plusieurs années

Pour la première fois depuis plusieurs années, le nombre total de détenteurs de permis d’études et de travail au Canada a enregistré une baisse notable d’une année sur l’autre. Cette tendance est le reflet des restrictions croissantes en matière d’immigration qui pèsent sur les résidents temporaires.

Entre 2024 et 2025, le Canada a constaté une diminution nette de 14 954 résidents temporaires, cette baisse étant surtout marquée dans les grandes agglomérations. Alors que les chiffres peuvent sembler anodins, ce déclin constitue un tournant décisif dans la politique d’immigration, qui avait vu, entre 2023 et 2024, une augmentation de 781 075 résidents non permanents.

Cette diminution est particulièrement prononcée dans les métropoles, avec une chute globale de 20 611 résidents temporaires. Les provinces de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et du Manitoba ont été les plus touchées, bien que des gains aient été observés au Québec et en Alberta. À l’inverse, des petits centres urbains ont enregistré une légère augmentation de 3 524 résidents temporaires, démontrant un décalage entre les tendances des grandes villes et celles des régions moins peuplées.

Il est essentiel de noter que ces chiffres représentent le niveau absolu de résidents temporaires, et non le taux d’arrivée de nouveaux venus, qui, lui aussi, a connu une contraction significative depuis 2024. Seules les personnes déjà présentes au Canada et dont les permis sont valides ressentiront les impacts des nouvelles régulations lors de la demande de renouvellement de leur statut.

Entre 2024 et 2025, environ 120 016 individus ont quitté le Canada.

Les régions les plus affectées par les départs de résidents temporaires

CMARésidents non permanents net
Toronto, ON-44 792
Vancouver, BC-10 098
Kitchener–Cambridge–Waterloo, ON-7 365
London, ON-1 777
Hamilton, ON-1 695
Winnipeg, MB-1 559
Victoria, BC-1 222
Brantford, ON-793
Halifax, NS-788
Québec, QC-757
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La diminution des résidents temporaires à Toronto est particulièrement frappante, car elle représente plus de trois fois la baisse nette observée dans l’ensemble du Canada. Cela souligne une divergence claire entre les grandes villes et d’autres régions qui connaissent des gains.

Les régions ayant enregistré des gains en résidents temporaires

CMARésidents non permanents net
Montréal, QC+17 635
Calgary, AB+9 608
Edmonton, AB+8 972
St. Catharines–Niagara, ON+3 397
Ottawa–Gatineau, ON/QC+2 922
Windsor, ON+2 179
Saskatoon, SK+1 272
Saguenay, QC+863
Lethbridge, AB+838
Red Deer, AB+797

Les raisons derrière la baisse des résidents temporaires

Entre 2024 et 2025, le gouvernement canadien a mis en œuvre plusieurs politiques visant à réglementer l’immigration d’étudiants internationaux et de travailleurs étrangers, restreignant ainsi l’accès à des permis temporaires. Parmi ces mesures, on peut relever :

  • Moratoire sur les EIMT de faible salaire : Les évaluations d’impact sur le marché du travail (EIMT) dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) ne sont plus acceptées dans les régions où le taux de chômage dépasse 6 %.
  • Réduction de la validité des permis PTET : À partir de septembre 2024, la durée maximale d’emploi pour les travailleurs sous la filière à faible salaire a été réduite à un an au lieu de deux.
  • Augmentation du seuil salarial pour la filière de haut salaire : Le seuil salarial pour le haut salaire a été relevé à 20 % au-dessus du salaire médian régional.
  • Restrictions sur les permis de travail ouverts pour les conjoints : Ceux-ci sont désormais réservés à certains travailleurs qualifiés et étudiants, limitant ainsi la possibilité de travail pour les conjoints.
  • Conditions d’éligibilité au permis post-diplôme : Des exigences linguistiques et de domaine d’étude s’ajoutent aux critères d’éligibilité.
  • Suppression des politiques d’urgence COVID : L’assouplissement des démarches de transition pour les visiteurs vers des permis de travail a été annulé.
  • Interdiction de la pratique du « flag poling » : La possibilité de traitement le jour même des demandes de permis a été supprimée.
  • Plafond sur les demandes de permis d’études pour 2025 : Le nombre de demandes de permis d’études a été limité à 550 162, avec seulement 437 000 permis émis pour 2025, marquant une réduction de 10 %.
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FAQ

1. Quelles sont les principales raisons de la baisse des résidents temporaires au Canada ?

La diminution est principalement due à des politiques gouvernementales plus strictes imposées aux travailleurs étrangers et étudiants internationaux, entraînant une réduction des permis de travail et d’études ainsi que des conditions d’éligibilité plus rigoureuses.

2. Comment les nouvelles régulations affectent-elles les résidents temporaires déjà présents ?

Les résidents temporaires actuels ressentiront l’impact des nouvelles régulations lorsqu’ils tenteront de renouveler ou d’étendre leur statut. Les changements ne s’appliquent pas immédiatement, mais lors des démarches administratives subséquentes.

3. Quelles régions canadiennes ont connu une augmentation des résidents temporaires ?

Des régions comme le Québec et certaines villes en Alberta, telles que Calgary et Edmonton, ont observé des gains en termes de résidents temporaires, tandis que les grandes métropoles comme Toronto et Vancouver ont enregistré des baisses significatives.